Le Dubai Airshow 2025, organisé à Dubai World Central du 17 au 21 novembre 2025, a confirmé le poids du Golfe dans les décisions industrielles de l’aviation civile, militaire et spatiale. Les commandes annoncées, les démonstrations de mobilité aérienne et la présence renforcée d’acteurs indiens ont donné à cette 19e édition une portée qui dépasse largement le calendrier des salons professionnels. En 2026, les annonces faites à Dubaï servent déjà de repères pour suivre les livraisons d’avions, les programmes de connectivité en vol et le déploiement commercial des appareils électriques à décollage vertical.
En bref
- Le Dubai Airshow a rassemblé plus de 1 500 exposants autour de l’aviation, de la défense, du spatial et des services aéroportuaires.
- Emirates a marqué l’événement avec une commande portant sur 65 Boeing 777-9, à un moment où le programme accuse plusieurs années de décalage.
- Les démonstrations d’eVTOL, dont celles liées à Joby Aviation, ont placé les taxis aériens électriques au centre des échanges.
- La connectivité satellite, notamment avec Starlink, a illustré la transformation de l’expérience passager et des opérations aériennes.
- La forte participation de l’Inde a souligné l’accélération de son industrie aéronautique, de la production aux services de défense.
Dubai Airshow 2025 : une exposition aéronautique devenue un centre de décisions mondial
Le Dubai Airshow n’est plus seulement une vitrine où les constructeurs exposent un fuselage brillant sur le tarmac. L’édition 2025 a réuni des industriels, des compagnies aériennes, des armées, des fournisseurs de moteurs, des start-up du spatial et des opérateurs de mobilité urbaine. Cette diversité explique pourquoi les annonces faites à Dubaï ont des effets sur plusieurs années, de la chaîne d’approvisionnement aux assurances aéronautiques.
Le salon s’est tenu sur le site de Dubai World Central, à proximité de l’aéroport international Al Maktoum. Ce choix n’est pas anodin. L’émirat prépare depuis longtemps le transfert progressif d’une partie de son activité aérienne vers cette plateforme, pensée pour absorber une hausse durable du trafic régional. L’exposition aéronautique s’inscrit donc dans une stratégie d’infrastructures, de tourisme, de fret et de connectivité internationale.
Les organisateurs ont annoncé une participation de plus de 1 500 exposants, avec des délégations issues de dizaines de pays. L’Inde a occupé une place visible à travers des entreprises de défense, des fournisseurs de pièces, des sociétés de maintenance et des représentants de son industrie spatiale. Cette présence correspond à une réalité industrielle. L’Inde cherche à réduire sa dépendance aux importations dans plusieurs segments, tout en soutenant l’expansion de ses compagnies aériennes et de ses infrastructures aéroportuaires.
Le format du salon compte autant que les annonces elles-mêmes. Les journées professionnelles permettent de conclure des lettres d’intention, des contrats fermes ou des protocoles de coopération. Ces documents n’ont pas tous la même portée. Une commande ferme engage l’acheteur et le constructeur selon des conditions définies. Une lettre d’intention reste plus souple et peut évoluer avant conversion. Cette distinction mérite d’être vérifiée à chaque publication, car les montants annoncés dans les communiqués peuvent inclure des options, des équipements et des prestations qui ne seront livrés que plusieurs années plus tard.
Le salon a aussi reflété une transformation du vocabulaire de l’aviation. Les discussions ne portent plus uniquement sur la consommation de carburant ou la capacité cabine. Elles couvrent les données de vol, la cybersécurité, l’intelligence artificielle appliquée à la maintenance, les carburants d’aviation durables et l’automatisation de certaines opérations au sol. La technologie aviation est devenue un sujet opérationnel, avec des conséquences directes sur la disponibilité des appareils et la responsabilité des acteurs.
Dans le domaine de la défense, Dubaï reste un lieu de démonstration pour les avions de combat, les systèmes de surveillance, les drones et les équipements de protection. Ces présentations doivent toutefois être séparées des contrats civils. Un appareil militaire ne répond pas aux mêmes règles de certification, d’entretien ou d’assurance qu’un avion commercial. Pour les opérateurs et les assureurs, le niveau d’exposition au risque dépend du cadre d’emploi, de la zone de vol, de la formation des équipages et des obligations contractuelles.
Les visiteurs ont pu suivre les évolutions du marché à travers les démonstrations en vol, les annonces de commandes et les conférences sectorielles. Cette articulation est utile. Un avion peut impressionner durant une présentation aérienne, mais sa valeur industrielle se mesure surtout à son calendrier de certification, à la fiabilité de ses moteurs, à l’accès aux pièces détachées et à son coût d’exploitation sur vingt ans. Le Dubai Airshow 2025 a ainsi rappelé que les temps forts d’un salon se lisent autant dans les contrats signés que dans les appareils visibles sur piste.
Les déclarations relatives à la fréquentation ou aux volumes de commandes doivent enfin être interprétées avec méthode. Un salon peut enregistrer un niveau d’activité élevé sans que chaque annonce se transforme immédiatement en livraison. Les retards de production, les contraintes de certification et les tensions sur les chaînes logistiques restent des facteurs concrets. Cette prudence permet de distinguer l’annonce commerciale de l’impact réel sur les flottes mondiales.
Nouveautés du Dubai Airshow 2025 : commandes d’avions et stratégie des compagnies du Golfe
Parmi les nouveautés les plus commentées, Emirates a annoncé une commande de 65 Boeing 777-9. Cette décision porte le total de ses engagements sur la famille Boeing 777X à un niveau particulièrement élevé. Le 777-9 est conçu comme un long-courrier de grande capacité, avec des ailes composites et des extrémités repliables afin de rester compatible avec les infrastructures aéroportuaires existantes.
Cette commande intervient dans un contexte délicat pour Boeing. Le calendrier du 777X a été repoussé à plusieurs reprises, notamment en raison des exigences de certification et de mise au point. Les premières livraisons attendues initialement bien plus tôt ont glissé vers la seconde moitié de la décennie. Une commande annoncée au Dubai Airshow montre donc la confiance commerciale de l’opérateur, mais elle ne modifie pas les contraintes industrielles qui encadrent la livraison effective des appareils.
Le montant catalogue souvent associé à une commande aéronautique doit être lu avec prudence. Les compagnies obtiennent généralement des remises substantielles, non publiques, selon le volume, les moteurs retenus, les options de cabine et les contrats de maintenance. Aucun lecteur ne doit assimiler mécaniquement le prix catalogue à la dépense réellement payée par une compagnie. Dans l’aviation commerciale, la valeur économique dépend aussi du financement, des garanties constructeur et des pénalités prévues lorsque le calendrier de livraison dérape.
Les compagnies du Golfe utilisent les salons comme des plateformes de planification à long terme. Emirates, flydubai, Etihad Airways et les transporteurs saoudiens doivent simultanément renouveler certaines flottes, ouvrir de nouvelles lignes et répondre à une croissance du trafic international. Un achat d’avion n’est pas une simple décision commerciale. Il engage des capacités de formation, des stocks de pièces, des contrats de maintenance, des créneaux aéroportuaires et une politique d’assurance adaptée à la valeur de chaque cellule.
Le tableau suivant permet de replacer quelques annonces et axes observés lors de l’événement dans une grille de lecture opérationnelle.
| Annonce ou programme | Acteur concerné | Portée annoncée en 2025 | Point à suivre en 2026 |
|---|---|---|---|
| Commande de Boeing 777-9 | Emirates | 65 appareils | Calendrier de certification et dates de livraison |
| Connectivité satellite en cabine | Emirates et fournisseurs de services | Extension des services haut débit | Déploiement réel sur les flottes et conditions d’accès |
| Mobilité aérienne avancée | Joby Aviation et partenaires locaux | Démonstrations et préparation d’exploitation | Certification, vertiports et autorisations opérationnelles |
| Participation industrielle indienne | Entreprises civiles et de défense | Présence renforcée au salon | Contrats export et capacités de production |
Les appareils long-courriers restent au cœur du modèle économique de Dubaï. Ils alimentent un réseau de correspondances reliant l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Océanie. Le Boeing 777-9 doit permettre une hausse de capacité tout en visant une consommation par siège inférieure à celle des générations plus anciennes. Cet objectif dépend toutefois de la configuration retenue par chaque compagnie. Une cabine très dense et une cabine premium ne produisent pas la même rentabilité, même avec le même avion.
Les commandes civiles ont également une dimension assurantielle, même si le salon ne constitue pas un comparateur de couvertures. La valeur assurée d’un long-courrier neuf se chiffre en dizaines, voire en centaines de millions de dollars selon la configuration et les équipements. Les contrats aviation professionnels distinguent habituellement la couverture de la coque, la responsabilité envers les passagers et les tiers, ainsi que les risques de guerre. Les plafonds et exclusions se négocient au cas par cas entre opérateurs, courtiers et assureurs spécialisés.
La prudence reste nécessaire lorsque des annonces associent une commande à un objectif environnemental. Un avion récent peut réduire la consommation par passager par rapport à un appareil plus ancien, mais l’effet global dépend du nombre de vols supplémentaires, du taux de remplissage et de la disponibilité effective de carburants durables. Les annonces du Dubai Airshow 2025 ont mis en avant ce progrès technique, sans effacer la question du volume global de trafic aérien.
Les décisions prises à Dubaï confirment une tendance nette. Les compagnies ne commandent plus seulement une cellule et des moteurs. Elles achètent une capacité de réseau, une promesse de maintenance et une place dans un calendrier industriel devenu tendu.
Innovation aéronautique au Dubai Airshow 2025 : taxis volants, drones et mobilité avancée
La mobilité aérienne avancée a occupé une place visible dans les dévoilements du Dubai Airshow 2025. Les projets d’eVTOL, ces aéronefs électriques à décollage et atterrissage verticaux, promettent de relier des points urbains ou périurbains avec un niveau de bruit et d’émissions locales inférieur à celui d’un hélicoptère traditionnel. Leur arrivée dépend pourtant d’un ensemble de conditions techniques et réglementaires qui ne se règlent pas sur un stand d’exposition.
Joby Aviation a attiré l’attention grâce à ses appareils et à sa coopération avec les autorités et partenaires des Émirats arabes unis. Son aéronef utilise plusieurs rotors inclinables et vise une exploitation de transport de passagers sur de courtes distances. La démonstration publique a une valeur symbolique forte, car elle rend concret un projet souvent présenté à travers des images de synthèse. Elle ne remplace pas une autorisation d’exploitation commerciale délivrée par l’autorité compétente.
Le passage d’un prototype à un service régulier suppose au minimum quatre éléments vérifiables. L’appareil doit obtenir sa certification de type. L’opérateur doit disposer d’une autorisation de transport. Les infrastructures d’embarquement et de recharge doivent être opérationnelles. Les règles de circulation aérienne doivent intégrer ces vols dans un espace déjà fréquenté par les avions, hélicoptères et drones professionnels.
- La certification doit couvrir la cellule, les systèmes électriques et les procédures d’urgence.
- Les vertiports doivent organiser l’accès des passagers, la sécurité incendie et la recharge.
- Les exploitants doivent démontrer la formation des pilotes ou la supervision des systèmes automatisés.
- Les assurances doivent identifier la responsabilité envers les passagers, les tiers et les biens transportés.
- Les autorités doivent définir les couloirs aériens et les règles de séparation entre appareils.
Les drones ont également conservé une place importante dans les présentations civiles et militaires. Dans le domaine civil, les usages concernent l’inspection d’infrastructures, la cartographie, la surveillance de sites, la logistique et la prise de vues. Leur développement s’accompagne d’exigences précises sur l’identification de l’appareil, les qualifications du télépilote et les zones de survol. Les règles varient selon le pays et selon la catégorie d’opération.
En Europe, le règlement d’exécution (UE) 2019/947 encadre depuis le 31 décembre 2020 une grande partie des opérations de drones civils. Il distingue notamment les catégories ouverte, spécifique et certifiée. Une mission qui dépasse les limites de la catégorie ouverte, par exemple en raison du survol envisagé, du poids, de la distance ou du risque au sol, peut nécessiter une autorisation dans la catégorie spécifique. Cette référence réglementaire ne s’applique pas directement aux Émirats arabes unis, mais elle illustre le niveau de précision attendu dans les marchés structurés.
La question de l’assurance mérite un examen concret. Une garantie responsabilité civile professionnelle drone couvre les dommages causés à un tiers pendant l’activité assurée, dans les limites du contrat. Les plafonds fréquemment proposés sur le marché français professionnel se situent souvent entre 500 000 euros et 1 500 000 euros, mais une mission industrielle ou un contrat public peut exiger davantage. Les contrats comportent aussi des exclusions, notamment pour les vols hors du cadre déclaré, les zones interdites ou le matériel embarqué non déclaré.
Les tarifs observés en France en 2025 pour une responsabilité civile drone professionnelle simple s’échelonnaient couramment entre 150 et 400 euros par an, selon l’activité, le chiffre d’affaires déclaré, le nombre d’appareils et la valeur des capteurs. Ce prix ne couvre pas automatiquement la casse, le vol ou la perte de données. Une franchise de 250 à 500 euros est fréquente sur les garanties dommages matériel, mais seul le contrat réellement souscrit fixe la règle applicable.
Les taxis volants font face à un niveau d’exigence encore supérieur. Un incident impliquant plusieurs passagers ou un survol urbain dense ne se traite pas comme un dommage sur un drone de prise de vues. Les exploitants devront prouver la robustesse de leurs procédures, la traçabilité de la maintenance et l’adéquation de leur couverture avec leur activité réelle. L’innovation aéronautique ne se mesure donc pas seulement à la forme d’un appareil, mais à sa capacité à entrer dans un cadre exploitable et assuré.
Le Dubai Airshow 2025 a montré que la mobilité aérienne avancée est sortie du seul registre expérimental. La suite se jouera dans les certificats, les infrastructures et les contrats, loin des démonstrations spectaculaires.
Temps forts de l’Aviation connectée : Starlink, données de vol et expérience passager
La connectivité à bord a constitué l’un des temps forts du Dubai Airshow 2025. Les compagnies aériennes veulent désormais proposer un accès internet comparable à celui d’un train ou d’un hôtel, y compris sur les liaisons long-courriers. Cette évolution répond à une attente des passagers, mais elle transforme aussi l’architecture technique des avions et les responsabilités liées à la protection des données.
Emirates a présenté l’élargissement de ses ambitions autour du Wi-Fi à bord et de la connectivité satellite. Starlink, réseau développé par SpaceX, repose sur une constellation de satellites en orbite basse. Cette architecture peut offrir un débit élevé et une latence plus faible que certains systèmes géostationnaires historiques. La performance ressentie par le passager dépend néanmoins de l’équipement installé, du nombre d’utilisateurs connectés et de la couverture disponible sur la route parcourue.
Une annonce de connectivité ne signifie pas nécessairement que chaque appareil reçoit immédiatement le même service. L’installation d’antennes, de radômes, de câblage et de systèmes de gestion cabine exige une immobilisation technique. Les compagnies doivent aussi vérifier la compatibilité avec les différents types d’avions. Une flotte composée d’Airbus A380, de Boeing 777 et de futurs 777X ne se transforme pas en une seule opération de maintenance.
Le gain opérationnel dépasse le confort de navigation. Une liaison de données robuste permet de transmettre des informations de maintenance, de suivre certains paramètres de l’appareil et d’améliorer les échanges entre équipage et opérations au sol. Ces usages nécessitent une séparation stricte entre les réseaux destinés aux passagers et les systèmes critiques de l’avion. Les architectures aéronautiques sont conçues pour éviter qu’un service commercial de connectivité n’interfère avec les fonctions de pilotage ou de navigation.
La cybersécurité devient donc un sujet de premier rang. L’Organisation de l’aviation civile internationale, par ses orientations relatives à la cybersécurité de l’aviation, rappelle que la sécurité numérique doit être intégrée à la gestion globale des risques. Une compagnie doit identifier ses prestataires, surveiller les accès distants, traiter les vulnérabilités et préparer ses procédures de réponse. Ce travail concerne autant les grands transporteurs que les aéroports, les centres de maintenance et les opérateurs de drones connectés.
Les données personnelles sont également concernées. Un système Wi-Fi peut traiter des informations de connexion, des données de paiement ou des identifiants techniques. Le texte de consentement affiché sur un portail captif doit distinguer les cookies fonctionnels, parfois nécessaires au bon fonctionnement du service, des outils statistiques ou marketing. Un consentement retiré peut limiter certaines fonctions non indispensables, mais il ne doit pas empêcher l’accès aux informations de sécurité ou aux obligations légales du transporteur.
Ce point peut sembler éloigné du salon, mais il est devenu concret pour les voyageurs. Lorsqu’un passager se connecte en vol, il accepte souvent des conditions de service propres à la compagnie et au prestataire satellite. Il doit vérifier si la connexion est gratuite, limitée en volume, réservée à certaines classes de voyage ou soumise à une authentification. Les promesses de Wi-Fi rapide ne dispensent pas de lire les conditions d’utilisation affichées lors de la connexion.
La maintenance prédictive figure parmi les autres thèmes associés à cette mutation numérique. Les moteurs, trains d’atterrissage et systèmes de bord produisent de nombreuses données. Leur analyse peut aider à anticiper le remplacement d’une pièce avant une panne. Cette méthode réduit potentiellement les immobilisations imprévues, mais elle suppose des données fiables, des équipes qualifiées et une responsabilité clairement répartie entre constructeur, motoriste, compagnie et atelier de maintenance.
La couverture assurantielle suit cette évolution. Une police aviation classique peut traiter les dommages matériels et la responsabilité d’exploitation, tandis que les risques cyber font l’objet de clauses spécifiques ou de contrats distincts. Les plafonds, franchises et exclusions varient fortement. Une entreprise ne doit jamais supposer qu’un contrat couvrant une panne matérielle indemnisera automatiquement les conséquences d’une intrusion informatique. La clause applicable, la date du fait générateur et les obligations de sécurité déclarées sont déterminantes.
La connectivité mise en avant à Dubaï révèle une aviation plus proche d’un réseau numérique mondial. Le service visible par le passager n’est que la partie accessible d’une transformation technique beaucoup plus large.
Dubai Airshow 2025 et présence indienne : défense, spatial et montée en puissance industrielle
La présence indienne au Dubai Airshow 2025 a constitué un marqueur de l’événement international. L’Inde dispose d’un marché aérien intérieur en forte expansion, de compagnies qui commandent massivement des avions et d’une politique industrielle visant à développer la production locale. Le salon de Dubaï offre un point de rencontre naturel entre ces ambitions, les fournisseurs mondiaux et les marchés du Moyen-Orient.
Les entreprises indiennes ont présenté des compétences couvrant l’électronique, la fabrication de composants, les services de maintenance, les équipements de défense et les technologies spatiales. Cette diversité compte. L’industrie aéronautique ne repose pas uniquement sur les grands noms qui assemblent les avions. Elle dépend d’un réseau de fabricants de pièces, de spécialistes des matériaux, d’entreprises logicielles et d’ateliers certifiés capables de garantir la traçabilité de chaque intervention.
Les programmes militaires ont attiré une attention particulière. L’Inde cherche depuis plusieurs années à renforcer ses capacités nationales dans les avions de combat, les missiles, les radars et les drones. Ces programmes peuvent soutenir l’exportation, mais ils doivent aussi démontrer leur fiabilité sur la durée. Dans le secteur défense, les contrats comportent généralement des exigences sévères sur les essais, la confidentialité, le soutien logistique et la responsabilité en cas de défaillance.
Le spatial a aussi renforcé sa visibilité. Les activités de lancement, d’observation de la Terre et de télécommunications intéressent directement l’aviation moderne. Les images satellitaires servent à la météorologie, à la navigation, à la cartographie et à la surveillance d’infrastructures. Les réseaux de satellites en orbite basse, déjà utilisés pour la connectivité en vol, rendent cette proximité entre espace et aviation encore plus visible.
La coopération entre les Émirats arabes unis et l’Inde s’appuie sur des échanges économiques plus larges. Les liaisons aériennes entre les deux pays transportent des voyageurs, des travailleurs, des touristes et du fret à haute valeur. Le développement de capacités de maintenance et de formation peut réduire les délais d’immobilisation des avions et sécuriser l’accès aux compétences techniques. Pour une compagnie, un avion indisponible plusieurs jours représente un coût qui dépasse la seule facture de réparation.
Les salons donnent parfois l’impression que chaque partenariat débouche automatiquement sur une usine ou sur un contrat d’exportation. La réalité est plus lente. Un accord de coopération doit être suivi par des certifications, des contrôles à l’exportation, des investissements et des recrutements. La production aéronautique impose des procédures documentées. Une pièce non conforme peut entraîner un retrait de lot, une inspection élargie ou une immobilisation préventive.
Cette exigence explique l’importance des sujets de qualité et de traçabilité dans les discussions professionnelles. Les constructeurs doivent savoir où une pièce a été fabriquée, avec quelles matières et selon quel processus de contrôle. Les opérateurs doivent pouvoir démontrer que les interventions de maintenance sont conformes aux prescriptions du constructeur et de l’autorité aérienne. Ces éléments deviennent décisifs lorsqu’un incident fait l’objet d’une expertise technique ou d’une réclamation d’assurance.
Dans le secteur des drones, le même raisonnement s’applique à une échelle différente. Un appareil importé sans documentation claire, sans numéro de série exploitable ou sans support technique reconnu peut poser problème lors d’un sinistre. Une assurance ne remplace ni la conformité réglementaire ni l’entretien. Les contrats excluent fréquemment les activités non déclarées, les utilisations illégales ou les dommages liés à une modification non autorisée de l’appareil.
Le Dubai Airshow 2025 a ainsi mis en scène une industrie où l’Inde ne se présente plus uniquement comme un marché d’acheteurs. Sa présence traduit une volonté de peser sur la fabrication, les services, la défense et le spatial, avec des effets attendus sur les chaînes de valeur régionales.
Après le Dubai Airshow 2025 : ce que les annonces changent réellement pour les passagers et opérateurs
Les annonces faites lors d’un salon aéronautique ne produisent pas toutes le même effet à court terme. Une commande d’avions long-courriers engage généralement une compagnie sur plusieurs années. Une démonstration d’eVTOL peut précéder de nombreux mois, voire plusieurs années, la mise en service d’une ligne commerciale. Un nouveau système de Wi-Fi peut être installé progressivement appareil par appareil. Lire l’après-salon demande donc de distinguer le calendrier médiatique du calendrier industriel.
Pour les passagers, la conséquence la plus visible sera probablement l’amélioration progressive de la connectivité et de certaines cabines. Les compagnies du Golfe ont construit leur réputation sur des services différenciants, notamment sur les longues distances. L’arrivée de nouveaux appareils doit permettre de renouveler des configurations vieillissantes, mais elle dépend directement de la capacité des constructeurs à livrer dans les délais annoncés.
Pour les aéroports, l’enjeu est plus large. Les nouveaux avions, les taxis aériens et les services numériques nécessitent des investissements au sol. Un vertiport ne se résume pas à une aire de pose. Il faut gérer les accès, l’évacuation, la recharge, la protection contre l’incendie, le bruit et l’intégration aux transports urbains. Les autorités devront aussi traiter les nuisances pour les riverains et les contraintes de sécurité dans les zones densément bâties.
Les opérateurs de drones peuvent tirer un enseignement pratique de cette accélération. Un appareil performant ne suffit pas pour accéder à un marché professionnel. Il faut un scénario de vol conforme, une preuve de formation, une documentation de maintenance et une assurance adaptée à l’activité déclarée. Une responsabilité civile qui couvre uniquement la photographie immobilière ne couvre pas automatiquement une mission d’inspection sur site industriel. La description précise de l’activité fait partie du contrat.
Lorsqu’un incident survient, le délai de déclaration devient déterminant. En France, l’article L113-2 du Code des assurances prévoit que l’assuré doit donner avis à l’assureur dès qu’il a connaissance du sinistre et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, lequel ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés dans le cas général. Le délai peut être différent pour certains événements, notamment le vol. Il faut vérifier la police souscrite, conserver les preuves et contacter l’assureur sans attendre.
Une déclaration utile comporte généralement des éléments simples, mais précis. La date et l’heure doivent être établies. Le lieu, les circonstances, les dommages observés et les coordonnées des personnes concernées doivent être consignés. Pour un drone ou un équipement aéronautique, les journaux de vol, les photographies, les factures et les données de maintenance peuvent être demandés. Un expert peut être missionné lorsque le montant ou la cause du dommage le justifie.
Les garanties dommages matériel comportent souvent une franchise. Pour un drone professionnel, une franchise de 250 à 500 euros reste courante dans les contrats observés en 2025, mais ce montant varie selon la valeur de l’appareil et les options souscrites. Un plafond de responsabilité civile de 1 million d’euros peut sembler élevé, mais il doit être rapproché du lieu de vol, de la présence de public et des exigences du donneur d’ordre. Aucun plafond ne doit être choisi sans lire les exclusions et les définitions d’activité.
Le Dubai Airshow a montré une aviation qui avance sur plusieurs vitesses. Les avions commandés pour la fin de la décennie, les réseaux satellites déjà déployés et les taxis aériens encore en certification ne relèvent pas du même horizon. Leur point commun reste la nécessité de transformer une promesse technologique en exploitation réellement contrôlée.
Quand le Dubai Airshow 2025 s’est-il tenu ?
La 19e édition du Dubai Airshow s’est déroulée du 17 au 21 novembre 2025 à Dubai World Central, autour de l’aéroport international Al Maktoum.
Quelle a été l’annonce commerciale la plus remarquée du salon ?
Emirates a annoncé une commande de 65 Boeing 777-9. La portée réelle de cette annonce dépendra toutefois du calendrier de certification du programme 777X et des livraisons effectives.
Les taxis volants présentés à Dubaï sont-ils déjà accessibles au public ?
Les démonstrations et partenariats montrent une préparation avancée, mais une exploitation commerciale exige encore des certifications, des autorisations d’opérateur, des infrastructures et des procédures de sécurité adaptées.
Une assurance drone couvre-t-elle automatiquement une mission professionnelle ?
Non. La garantie doit mentionner l’usage réellement exercé, le territoire, le type d’opération et les appareils concernés. Les plafonds de RC, les franchises et les exclusions doivent être vérifiés dans le contrat avant le vol.